La commission européenne durci le ton dans le dossier des qualifications requises pour exercer le métier de guide en canyon. En effet, la Commission européenne a pris des mesures contre la France pour remédier aux violations de la législation communautaire sur les qualifications professionnelles. Elle invite formellement la France à modifier sa législation sur la reconnaissance des qualifications des guides de canyon. Ces demandes prendront la forme d’«avis motivés», seconde étape de la procédure d’infraction prévue à l’article 226 du traité CE. En l’absence de réponse satisfaisante dans un délai de deux mois, la Commission pourra saisir la Cour de justice... Le dossier est donc loin d'être clos.

En effet, actuellement, la France n'autorise l'exercice de l'encadrement contre rémunération en canyon que pour les brevetés d'état d'Alpinisme (Guide de Haute Montagne et aspirant-guide), les brevetés d'état de spéléologie et les brevetés d'état d'escalade. Or dans les autres états membres, les formations qualifiantes ne répondent pas au même modèle. Mais derrière ce complexe dossier se cache des lobbies plus ou moins affirmés qui tentent de protéger un droit acquis à certaines professions, tandis que d'autres organismes veulent faire reconnaître au niveau professionnel leur formation. Au delà de ces accrochages au niveau administratif, et de l'inquiétude justifiée d'une éventuelle baisse de niveau des formations requises pour guider des groupes en canyon, on est tout de même en droit de s'étonner que la descente de canyon ne dispose pas d'un cursus de formation professionnelle dédié, alors qu'il s'agit d'une activité à part entière qui a, depuis maintenant plusieurs années, fait preuve de sa spécificité au sein des activités de pleine nature en montagne. Un dossier à suivre, qui pourrait dans les prochaines années, bouleverser le paysage du l'encadrement professionnel en canyon.

Extrait du communiqué de presse IP/06/888 du 29 juin 2006 : La Commission a décidé d'adresser à la France un avis motivé pour avoir enfreint tant les articles 39, 43 et 49 du traité CE que la directive 92/51/CEE relative au système général de reconnaissance de diplômes en refusant aux guides de canyon d'autres Etats membres d’exercer cette seule activité en France au motif qu'en France l'accès à cette activité est réservé aux guides de montagne, aux spéléologues ou aux moniteurs d'alpinisme. En conséquence, en l'état actuel, les guides de canyon d'autres Etats membres qui n'ont pas suivi une formation dans l'une de ces trois disciplines sont dans l'impossibilité d'exercer leur profession en France. La Commission estime que cette interdiction pourrait se justifier par la nécessité de protéger les consommateurs dans la mesure où la coexistence de moniteurs enseignant des disciplines différentes pourrait induire les consommateurs en erreur sur l'étendue des compétences respectives de ces moniteurs. Toutefois, la Commission estime que les consommateurs pourraient être protégés par des moyens moins contraignants, notamment en imposant aux guides de canyon de porter le titre professionnel ou le titre de formation de l'Etat membre d'origine.