Rome n’est pas loin. L’Adriatique non plus. La journée est magnifique. En ce jour d’octobre, le grande Corno fait luire ses formes et ses couleurs sur l’horizon d’un bleu azur. L’amphithéatre de roche est strié de névés encore blanc. Vous engagez les premiers rappels dans un encaissement d’un blanc virginal. Au bas d’une cascade 30 m, l’inquiétude vous envahit. Vous êtes bien en Italie, à une latitude équivalente à celle de Barcelona et pourtant devant vous un immense névé s’élève. Vous le contourné facilement, remerciant l’été caniculaire de cette année, mais sa voûte bleutée s’élève très haut vers le ciel. Les rappels reprennent, toujours à proximité de la glace. Mais, d’un coût vos angoisses neigeuses sont remplacées par un autre spectacle. De blanc laiteux, la pierre a pris de magnifiques reflets roses. Vous ne savez plus si c’est vos sens qui vous trahissent ou si c’est le canyon qui recèle de tels atours. Vous ne pouvez pas vous poser la question plus longtemps, puisqu’une dernière cascade de 80 m vient de s’ouvrir sous vos pieds.  

>?xml:namespace prefix =" ""o" /> 

Nous sommes en Italie centrale, et cette terre recèle de petits trésors mal connus en France. Malgré l’éloignement entre les canyons, leur technicité et des conditions de descentes variables, ce secteur est incontournable pour le canyoniste passionné, en mal de grands paysages et de fortes émotions.

 

A la différence de ce que nous pouvons penser, les Apennins sont un massif montagneux aux sommets élevés et tortueux. Deux périodes sont conseillées, le printemps pour parcourir les canyons périphériques. Et ensuite l’automne pour découvrir les courses plus « alpines » peut-être au milieu des névés.

 

Au début du printemps, entre Firenze et Rome deux descentes sont les petites sœurs de la Maglia et de Barbaira. Campione (3,4/4 s’il est en eau), lorsqu’il coule au printemps, il offre pendant 3h un encaissement continue avec de belles vasques bleues turquoises. Juste à côté, se situe Bagno tout aussi original avec son pont de roche. Plus au sud ne ratez pas le massif de Matese, avec San Nicola (2,6/4), Peschio Rosso (2,7/4) et Titerno(2.7/4). En campanie, dans les terre de la N’Drangheta découvrez Sammaro (3.4/4) et son ténébreux encaissement avec des vasques ludiques à la fin. L’expédition continue plus au sud vers l’imposant massif de Pollino. Au milieu du village de Civita peuplé d’Albanais vous redécouvrerez vos émotions de la Sierra de Guara. En remontant le long de l’Adriatique arrêtez vous au Salinello (2,5/4). Ce canyon offre quelques beaux passages ludiques. Juste plus haut Presale (2/4) sera idéal pour les débutants. Enfin, si vous aimez les verticales parcourez le Cavalli en repassant de l’est vers l’ouest.

 

Au centre des Apennins, le Massif de Sibillini à l’image du massif du Gran Sasso et de Majella vous raviront par leurs immenses alpages, d’un vert vif sur un ciel bleu profond qui montent à plus de 2000m. Malgré les névés, au printemps, vous pourrez parcourir en eau le Fosso Sibillini. A la fin du printemps découvrez Foce (2,8/4), avec sa grande cascade à l’ambiance digne de Male Vesse. Evitez à cette période le massif du Gran Sasso pour rejoindre la Majella. Le torrente Avello (3,8/4) est à notre goût le plus beau canyon d’Italie centrale. Seul, Gole del Soffia dans les dolomites le concurrence. Après une partie formée d’encaissements épisodiques aux sympathiques cascades toboggans, vous vous engouffrerez dans une entaille qui ne vous lâchera plus pendant 4h. Dans une ambiance obscure, seulement éclairée par la roche d’un blanc absolu, vous passerez petits obstacles, vasques et biefs. Certains sont même ludiques ce qui est rare dans le secteur. Juste à côté, une autre descente a une réputation mythique. Il s’agit de Serviera (3,5/4). Elle nécessite 2 jours de parcours. Mais la descente est malheureusement interdite. Profitez à la place, des randonnées et des pattes De Cecco faîte avec l’eau du canyon. Enjoué par tant de beauté vous repartirez sur Lacerno (2,5/4) dans le Lazio. Moins continu et parsemé d’arbres morts, il offre tout de même quelques beaux encaissements à quelques pas de Rome. Si vous y êtes au printemps faîtes le ludique Santo Padre (2.3/4) aux belles vasques turquoise.

 

A l’automne, s’offre à vous les descentes les plus techniques des grands massifs. Dans le massif de Sibillini, ne ratez pas  torrente Vene (3/4). Bien que son lit est un mouroir à avalanche l’hiver, avec de nombreux débris, le passage de la cascade de 60m vous laissera beaucoup d’émotion. Mais, le massif le plus grandiose est le Gran Sasso. L’infernio (3,5/4) tout d’abord, que vous connaissez déjà. Mais, juste à côté n’oubliez pas Fossasseca(3/4), aux cascades arrosées et très techniques en début de saison.

 

L’Italie centrale est donc une terre incontournable. Elle est peu connue de France, parfois regardée de haut. Mais, ces parcours offrent des esthétiques uniques avec un haut niveau d’exigence.