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Grille de cotation

Il a été choisi de fournir une cotation selon le modèle normalisé français, établi par les fédérations. Cependant, comme toute grille de cotation en canyon, son application n’est pas forcement un indicateur objectif des réelles difficultés du terrain. Ainsi, le fait de comparer les cotations entre 2 canyons ne reflète pas nécessairement leurs différences techniques. A titre d’exemple, il n’est pas fait de distinction dans la grille officielle entre une cascade de 40m avec un relais aérien et une C150. De même la présence d’un saut facultatif de 9m fait grimper la cotation aquatique, alors que le même canyon qui ne permet pas ce saut facultatif aura une cotation bien inférieure.

Normes de classement des espaces et itinéraires de canyonisme (Extrait)

La cotation vaut pour un débit moyen ou ordinaire, en période habituelle de pratique, donc à niveau relativement bas, sans être forcément à l'étiage. Elle est calibrée pour un groupe de 5 personnes, en situation de découverte du canyon (à vue) et dont le niveau de pratique est en adéquation avec le niveau technique du canyon.

Elle s’entend pour une pratique habituelle et raisonnée, dans un souci de sécurité et d’efficacité des déplacements (une recherche personnelle d’augmentation de difficulté ne rajoutera rien à la cotation initiale).

Les canyons sont cotés de la manière suivante :

  • La lettre v suivie d’1 chiffre arabe de 1 à 7 (l’échelle restant ouverte vers le haut) pour la difficulté dans le caractère vertical.
  • La lettre a suivie d’1 chiffre arabe de 1 à 7 (l’échelle restant ouverte vers le haut) pour la difficulté dans le caractère aquatique.
  • 1 chiffre romain pour l'engagement et l’envergure : de I à VI (l’échelle restant ouverte vers le haut).

Un seul des critères suivants, par colonne, détermine l’appartenance à une catégorie de difficulté. Sur un itinéraire, le fait d’éviter un obstacle ou d’aménager une technique spécifique (rappel guidé,…) peut entraîner une cotation inférieure. Les sauts sont, d’une manière générale, considérés comme facultatifs.

Tableau des DIFFICULTES

v : Caractère Vertical a : Caractère Aquatique
1
Très facile
  • Pas de rappel, corde normalement inutile pour la progression.
  • Pas de passage d'escalade/désescalade.
  • Absence d’eau ou marche en eau calme.
  • Nage facultative.
2
Facile
  • Présence de rappel(s) d’accès et d’exécution facile, inf. ou égal à 10m.
  • Passage d'escalade/désescalade facile et peu exposé.
  • Nage ne dépassant pas 10m de longueur en eau calme.
  • Saut d’exécution simple inf. à 3m.
  • Toboggan court ou à faible pente.
3
Peu difficile
  • Verticales à faible débit. Réception en vasque avec nage en eau calme.
  • Présence de rappels d’accès et d’exécution simple, inf. ou égal à 30 m, séparés, au minimum, par des paliers permettant le regroupement.
  • Pose de main courante simple.
  • « Marche » technique qui nécessite une attention particulière (pose des appuis précis) et une recherche d’itinéraire sur terrain pouvant être glissant ou instable ou accidenté ou encombré ou dans l’eau.
  • Passages d'escalade/désescalade (jusqu’au 3c), peu exposés, pouvant nécessiter l'usage d'une corde.
  • Nage ne dépassant pas 30m en eau calme.
  • Progression en courant faible.
  • Saut d’exécution simple de 3 à 5m.
  • Toboggan long ou à pente moyenne.
4
Assez difficile
  • Verticales de débit faible à moyen pouvant commen-

cer à poser des problèmes de déséquilibre ou de blo- cage.

  • Rappel (s) d’accès difficile et/ou rappel(s) sup. à 30m. Enchaînement de rappels en paroi avec relais confortables.
  • Gestion des frottements nécessaire.
  • Pose de main courante délicate, rappel ou bas du rappel non visible du départ, réception en vasque avec mouvements d'eau.
  • Passages d'escalade / désescalade jusqu’au 4c ou A0, exposés et/ou nécessitant l’usage des techniques d’assurage et de progression.
  • Immersion prolongée entraînant une perte calorifique assez importante.
  • Courant moyen.
  • Saut d’exécution simple de 5 à 8m.
  • Saut avec difficulté d'appel, de trajectoire ou de réception inf. à 5m.
  • Siphon large de moins d’1m de longueur et/ou profondeur.
  • Grand toboggan ou à forte pente.
5
Difficile
  • Verticales de débit moyen à fort, franchissement difficile nécessitant une gestion de la trajectoire et/ou de l’équilibre,
  • Enchaînement de rappels en paroi avec relais aériens,
  • Franchissement de vasque durant la descente.
  • Support glissant ou présence d’obstacle.
  • Désinstallation de la corde difficile (en position de nage...).
  • Passages d'escalade / désescalade exposés, jusqu’au 5c ou A1.
  • Immersion prolongée en eau froide entraînant une perte calorifique importante.
  • Progression en courant assez fort, pouvant perturber les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant.
  • Difficultés obligatoires liées à des phénomènes d'eau vive ponctuels (tourbillons, rappels, drossages, …) pouvant entraîner un blocage ponctuel du canyoniste.
  • Saut d’exécution simple de 8 à 10m.
  • Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception de 5 à 8m.
  • Siphon large et jusqu’à 2m de longueur et/ou profondeur.
6
Très difficile
Exposé
  • Verticales de débit fort à très fort.
  • Cascade consistante. Franchissement très difficile,nécessitant la gestion efficace de la trajectoire et/ou de l’équilibre.
  • Installation de relais difficile : mise en place délicate d’amarrage naturel (bloc coincé, …).
  • Accès au départ du rappel difficile (installation de main courante très délicate …). Passage l'escalade / désescalade exposé, jusqu’au 6a ou A2.
  • Support très glissant ou instable.
  • Vasque d’arrivée fortement émulsionnée.
  • Progression en courant fort rendant les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant difficiles à exécuter.
  • Mouvements d’eau bien marqués (drossages, contre courant, rappels, vagues, tourbillons …) pouvant entraîner un blocage assez prolongé du canyoniste.
  • Saut d’exécution simple de 10 à 14m
  • Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception de 8 à 10m.
  • Siphon large jusqu’à 3m de profondeur et/ou de longueur.
  • Siphon technique jusqu’à 1m maxi avec courant éventuel ou cheminement.
7
Extrêmement difficile
Très exposé
  • Verticales de débit très fort à extrêmement fort.
  • Cascade très consistante.
  • Franchissement extrêmement difficile nécessitant l’anticipation et la gestion spécifique de la corde, de la trajectoire, de l’équilibre, des appuis et du rythme.
  • Passages d'escalade / désescalade exposés, au-dessus de 6a ou A2.
  • Visibilité limitée et obstacles fréquents. Passage possible en fin de rappel ou en cours de rappel dans une (des) vasque(s) avec mouvements d’eau puissants.
  • Contrôle de la respiration : passage(s) en apnée.
  • Progression en courant très fort rendant les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant extrêmement difficiles à exécuter.
  • Mouvements d’eau violents (drossages, contre courant, rappels, vagues, tourbillons …) pouvant entraîner un blocage prolongé du canyoniste.
  • Saut d’exécution simple de plus de 14m
  • Saut avec difficulté d’appel, de trajectoire ou de réception de plus de 10m.
  • Siphon de plus de 3m de longueur et/ou profondeur.
  • Siphon technique et engagé de plus de 1m avec courant ou cheminement ou sans visibilité.

Tableau ENGAGEMENT/ENVERGURE

Attention, ces temps de référence doivent donc être pondérés en fonction du profil effectif du groupe.

ENGAGEMENT
ENVERGURE
CRITÈRES
I
  • Possibilité de se mettre hors crue facilement et rapidement.
  • Échappatoires faciles présentes sur toutes les portions du parcours.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) inférieur à 2 heures.
II
  • Possibilité de se mettre hors crue en ¼ heure de progression maxi.
  • Echappatoire(s) en ½ heure de progression maxi.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 2 et 4 heures.
III
  • Possibilité de se mettre hors crue en ½ heure de progression maxi.
  • Echappatoire(s) en 1 heure de progression maxi.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 4 et 8 heures.
IV
  • Possibilité de se mettre hors crue en 1 heure de progression maxi.
  • Echappatoire(s) en 2 heures de progression maxi.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 8 heures et 1 jour.
V
  • Possibilité de se mettre hors crue en 2 heures de progression maxi.
  • Echappatoire(s) en 4 heures de progression maxi.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 1 et 2 jours.
VI
  • La possibilité de se mettre hors crue peut demander plus de 2 heures de progression.
  • Echappatoire(s) le temps nécessaire pour s’échapper est supérieur à 4 heures de progression.
  • Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) supérieur à 2 jours.

Conformément aux consignes fédérales de sécurité, le pratiquant doit toujours faire preuve de discernement et se rappeler que l’environnement du canyonisme peut être changeant. Certaines crues, notamment, peuvent modifier considérablement la morphologie d’un canyon, au point d’en changer la cotation initiale …


Document extrait des « Normes de classement des espaces et itinéraires de canyonisme » réalisé par la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), avec la Fédération française de spéléologie (FFS) et en concertation avec le Syndicat national des guides de montagne (SNGM), le Syndicat national des professionnels de l’escalade et du canyon (SNAPEC), le Syndicat national des professionnels de la spéléologie et du canyon (SNPSC) et la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM).

Texte officiel : Normes de classement des espaces et itinéraires de canyonisme