Le canyon c’est bien, mais il faut une voiture. Cette voiture doit être prête à tout, traverser des fourrés touffus sur des pistes cahotantes. Résister au froid, au chaud, à la pluie, au gel, à la grèle…etc
Moralité, au bout de quelques années cette voiture ressemble à un tas de boue. Elle est striée de long en large, rayée par les branches. Les spolieurs en caoutchouc ont explosé arrachés par des bord de route trop hauts. Le protège châssis en plastiques est en lambeau. Le bas de caisse est défoncé, des touffes d’herbes étant coincées entre les tuyaux. L’intérieur pue le bouc dans une ambiance sub-tropicale. Les bibelots en plastiques sont cassés, 1 boutons sur 2 ne remontent plus les vitres. Inutile de vouloir laver la vitre arrière, l’injecteur est bouché depuis belle lurette et on ne parle pas du moteur et des suspensions ayant parcouru 50000Km de piste pour 100 000 km de goudron. Bien entendu, vous dépassez de loin le plafond de km annuel de ce type de véhicule. Surtout que la fermeture centralisée des portes est HS et qu’une fois sur 2 la voiture ne démarre plus du fait de problèmes électriques (Tout à rouillé suite au dernier hiver de bivouac !). Et enfin, comble du comble, la clim a rendu l’âme.
Pourtant, il faut la changer et vous n’avez pas un rond d’autant plus que vous n’avez toujours pas fini de la payer.
Comment vendre un tel os ?
Voilà quelques conseils :
Maquiller la voiture : Le plus important est la carrosserie. Allez chez Norauto (Clermond Ferrand est le meilleur norauto de France, conseil spécial canyoneur) pour acheter : effaces rayures, pouliche, anti goudron, restauration des plastiques…etc. Vous en aurez quand même pour 45€. (Arghhhhhhhhhhhhh !)
Commencez à laver à grandes eaux votre véhicule. N’ayez pas peur, vous pouvez passer aussi à grand jet l’intérieur du véhicule, il est tellement crade que ça égalisera la saleté. Vous vous rendez compte d’ailleurs que tous les insectes de la terre ont décidé de s’incruster dans la peinture de votre voiture. Ne pouvaient-ils pas choisir celle du voisin. Pour cela laisser des torchons humides dessus pour ramollir l’ensemble. En attendant, nettoyez le dessous de caisse après avoir supprimé tous les protèges plastiques inutile et en charpies.
Les éléments de carrosserie dégagés de sa gangue de boue, vous vous rendez compte que la peinture est recouverte de goudron. Utilisez les antigoudrons qui dissolveront l’ensemble.
A présent tout est propre mais la voiture ressemble à un zèbre du fait des rayures. Utilisez l’antirayure, 80% de celles-ci disparaîtront. Si vous avez l’impression de repeindre votre voiture, c’est normal. Vous l’avez vraiment éclaté. Franchement, y a pas une ou deux pistes que vous auriez pu éviter ! Attention toutefois de ne pas toucher aux plastiques et faîtes cela sur une carrosserie froide.
Mais l’ensemble n’est pas satisfaisant, les couleurs sont irrégulières, les micros rayures se voient encore. Pas de panique, la poulich sera votre sauveur. Passez un bon coup et les dernières traces disparaîtront !
Pour terminer le tout reste à faire luire les plastiques noirs. Prenez un restaurateur de plastique, repassez l’ensemble, ce qui accessoirement fera disparaître vos grands coups de poulich et de peinture. Eh oui, on ne s’improvise pas du jour au lendemain beauf es lettre en tunning de voiture.
Vous voilà avec votre canyon-mobile rutilante après 12H de travail acharné. Laissez là vieillir 2 jours dehors de telle sorte que la poussière se redépose.
Il faut à présent la vendre au concessionnaire. Ah oui, pourquoi un concessionnaire. D’abord vous n’allez pas arnaquer un pauvre étudiant sans le sou. C’est pas bien ! Ensuite, c’est un professionnel. Comme lui a le droit de vous mentir un peu pour vous vendre sa camelote (Le malus bonus), inversement, si un professionnel à la remise des clés du nouveau véhicule ne s’est pas rendu compte des vices de votre véhicule tout est pour sa pomme. En effet, un pro a les moyens de vérifier l’état d’un véhicule.
L’habillement : C’est essentiel ! Pour cela dotez vous d’une bonne tête de vainqueur. Du genre : pas le baroudeur barbu montrant qu’il a fait l’Afghanistan en 2cv. J’avoue, que là dessus, j’ai un avantage sur le reste. Les concessionnaires ont une fâcheuse tendance à croire que j’ai grandi dans une bibliothèque et que je ne connais de la vie que le trou de clé de la serrure de contact du véhicule. L’air crétin a le mérite de faire croire au professionnel péremptoire que vous êtes le genre de type à suivre à la lettre les conseils du constructeur afin de ne pas avoir de problèmes.
L’entretien avec le concessionnaire : voilà l’épreuve la plus dure. Il faut garder ses nerfs et ne pas craquer. L’objectif n’est pas loin. Tout d’abord, faîte préalablement un stage au Maroc afin d’apprendre l’art de la négociation et tous les secret du : Ce que je vends est super, ce que tu vends n’a que des défauts. Ensuite ne placez pas votre véhicule devant la vitre du concessionnaire. En effet, si vous faîtes plusieurs aller-retour ce serait trop bête que l’allumage ne fonctionne pas juste à cet instant. Imaginez le résultat avec votre capot ouvert à trifouiller dans les fils pour la faire démarrer. Ne la mettez pas non plus à chaille les oies afin qu’il ne demande pas qu’on l’approche et voit de loin le bas de caisse et les antibrouillards défoncés. Placez le bout le plus abîmé contre un mur et entre 2 véhicules pour que l’on ne puisse pas se baisser.
A présent les excuses : Moment fatidique. S’il remarque que la voiture est poulichée comme un Porsche. Dîtes que vous l’entretenez régulièrement et que vous avez un petit frère de 17 ans qui adore la laver contre quelques petits sous.
Pour les kils en trop : Vous avez votre maman qui habite à 300 km plus au nord. Vous devez aller la voir régulièrement. Prenez vraiment la tête du cocker mouillé. Il pensera qu’à 30 ans vous ne pouvez pas vous passer d’elle (Je vous rappelle que plus y vous prendra pour un cave, moins il se méfiera). Précisez que vous faîtes surtout de l’autoroute. Ca use moins les véhicules.
Pour le bas de caisse ressemblant à Verdun en 1916. Vous êtes maladroit et vous vous prenez régulièrement les bites à Continent. Vous savez ces petits morceaux de béton toujours foutus au mauvais endroit et que l’on ne voit jamais. Mais en dehors de cela vous êtes un conducteur prudent (Ce qu’il croira d’autant plus qu’il pense que vous êtes un blaireau)
Pour les pare chocs défoncés et les quelques rayures encore visibles : Vous habitez dans une impasse étroite. Parfois, vous l’accrochez (Normal vous un fef). De même, il y a une longue haie qui a fait quelques rayures. Mais le tout partira facilement en la poulichant

De même, s’il remarque que les spoliers et protections sous la caisse ont disparu, il faut savoir que certains modèles de série n’en possèdent pas ! Donc d’un air niais dîtes : « A bon, je n’en avais jamais vu ». Il pensera même qu’un garagiste les a enlevé pour une autre voiture et que vous ne vous en êtes pas rendu compte.
Bien sur, si vous lui achetez un Partner, inutile de lui dire que c’est pour faire de la piste. Vous en avez besoin afin de mettre votre matériel de vacances. Vous comptez visiter avec, les musées d’Europe centraux. Votre excuse aura touché son impact si un léger rictus se forme. Il est déjà entrain de se dire que vous n’arriverez même pas à la frontière. Si elle a le blocage différentiel, vous en avez besoin quand il pleut à Marseille à cause du verglas d’été. Vous avez peur de patiner en remontant la Cannebière. Ne dîtes pas que vous comptez faire avec l’approche de la Bendola au mois de Mars.
Vous voilà à présent armé pour revendre votre bouse de voiture. Avec un tel programme vous la refourguerez à -5% de l’argus. Mais rassurez vous, le principal gagnant sera toujours le concessionnaire.
Stéphane.