Male Vesse, Bussing, Il y a 1 an, c'était il y a 20 ans.
Publié : sam. 16 mai 2026 23:51
Male Vesse, Bussing, 20 ans déjà. 20 ans d'un souvenir toujours aussi intense.
2004, deux canyons, je découvre sur une carte IGN ces deux veines infernales qui débutent à plus de 2500 m. Un an après, les neiges à peine fondues mais les névés bien visibles, Sébastien et moi commençons l'ascension le long de la crête de Chabrières. Le passage à 2700 m du ressaut délité, la grande pente dans le schiste, la rencontre du mélèze, et plus bas le grand cassé impossible à évaluer — 100, 130, 150 m ? Ce sera finalement 110 m d'un coup, sur un piton et un spit à l'ancienne.
Et l'apothéose s'ouvre à nos yeux. Au cœur de la matrice, dans le ventre des émotions de Gaïa, le sentiment Christophe Colomb — celui d'être les premiers, les seuls au monde à découvrir cet encaissement unique, les cascades qui s'enfilent les unes aux autres, toujours dans cette roche surprenante. Déjà 15 heures d'effort et l'obligation de bivouaquer dans le lit du canyon : 2 m² à deux et un petit four de survie bricolé à la hâte. Le lendemain, le feu d'artifice continue — des névés à franchir à plat ventre, puis Male Vesse aval, déjà ouvert mais offrant l'un des rares oscuros du Sud de la France.
Male Vesse passé, tous les autres canyons du secteur sont découverts durant l'été. À l'automne, le défi ultime m'attend. Bussing. Six tentatives vaines avec Hervé, Fred, Jean-Yves, Jean-Claude… Le 9 octobre, je pars avec mon sac de 31 kg à 4h30 du matin. Je reviendrai 20 heures plus tard à la voiture. Entre-temps : un accès épique dans un terrain qui s'effrite, une cascade de 150 m, des névés hauts de 20 m fins comme une feuille à cigarette évités de justesse par une main courante brinquebalante — et surtout, alors que la lune vient de se lever, une sortie ratée qui m'oblige à escalader des falaises d'assiettes délitées. Et en vue du parking aval, des patous qui me confondent avec un loup. Obligé de courir à plus de minuit, sac trempé, piolet à la main, au cas où la rencontre malheureuse viendrait à se produire.
Mais tout cela, ce ne sont que les souvenirs — le bonheur d'une émotion unique dans un monde sans but apparent. Vingt ans après pourtant, c'est une vie toujours bouleversée. Parce qu'une telle expérience, c'est aussi une envie d'écrire, de partager cet instant, de le faire revivre à jamais. Écrire dans un monde sans éditeur canyon, c'est apprendre QuarkXPress, créer un livre, comprendre l'édition ... Vingt ans après, ce n'est plus un livre, mais des dizaines et des dizaines de livres, partout en Europe — un autre monde à découvrir, en continuelle mutation, avec des risques et des enjeux tout aussi intenses.
Ce n'était qu'un simple jour qui se lève. Ce furent les journées d'une vie.
Je me permets de remettre les 2 documentaires pour retrouver toutes les émotions :
Documentaire émouvant de Vertical Chronicle : https://www.youtube.com/watch?v=1znky_OGf-M
Le documentaire à la source par Fioravanti : https://www.youtube.com/watch?v=zJbJYqln738
2004, deux canyons, je découvre sur une carte IGN ces deux veines infernales qui débutent à plus de 2500 m. Un an après, les neiges à peine fondues mais les névés bien visibles, Sébastien et moi commençons l'ascension le long de la crête de Chabrières. Le passage à 2700 m du ressaut délité, la grande pente dans le schiste, la rencontre du mélèze, et plus bas le grand cassé impossible à évaluer — 100, 130, 150 m ? Ce sera finalement 110 m d'un coup, sur un piton et un spit à l'ancienne.
Et l'apothéose s'ouvre à nos yeux. Au cœur de la matrice, dans le ventre des émotions de Gaïa, le sentiment Christophe Colomb — celui d'être les premiers, les seuls au monde à découvrir cet encaissement unique, les cascades qui s'enfilent les unes aux autres, toujours dans cette roche surprenante. Déjà 15 heures d'effort et l'obligation de bivouaquer dans le lit du canyon : 2 m² à deux et un petit four de survie bricolé à la hâte. Le lendemain, le feu d'artifice continue — des névés à franchir à plat ventre, puis Male Vesse aval, déjà ouvert mais offrant l'un des rares oscuros du Sud de la France.
Male Vesse passé, tous les autres canyons du secteur sont découverts durant l'été. À l'automne, le défi ultime m'attend. Bussing. Six tentatives vaines avec Hervé, Fred, Jean-Yves, Jean-Claude… Le 9 octobre, je pars avec mon sac de 31 kg à 4h30 du matin. Je reviendrai 20 heures plus tard à la voiture. Entre-temps : un accès épique dans un terrain qui s'effrite, une cascade de 150 m, des névés hauts de 20 m fins comme une feuille à cigarette évités de justesse par une main courante brinquebalante — et surtout, alors que la lune vient de se lever, une sortie ratée qui m'oblige à escalader des falaises d'assiettes délitées. Et en vue du parking aval, des patous qui me confondent avec un loup. Obligé de courir à plus de minuit, sac trempé, piolet à la main, au cas où la rencontre malheureuse viendrait à se produire.
Mais tout cela, ce ne sont que les souvenirs — le bonheur d'une émotion unique dans un monde sans but apparent. Vingt ans après pourtant, c'est une vie toujours bouleversée. Parce qu'une telle expérience, c'est aussi une envie d'écrire, de partager cet instant, de le faire revivre à jamais. Écrire dans un monde sans éditeur canyon, c'est apprendre QuarkXPress, créer un livre, comprendre l'édition ... Vingt ans après, ce n'est plus un livre, mais des dizaines et des dizaines de livres, partout en Europe — un autre monde à découvrir, en continuelle mutation, avec des risques et des enjeux tout aussi intenses.
Ce n'était qu'un simple jour qui se lève. Ce furent les journées d'une vie.
Je me permets de remettre les 2 documentaires pour retrouver toutes les émotions :
Documentaire émouvant de Vertical Chronicle : https://www.youtube.com/watch?v=1znky_OGf-M
Le documentaire à la source par Fioravanti : https://www.youtube.com/watch?v=zJbJYqln738